Le 7 octobre, j'ai caché la vérité à Noémie, car c'était Shabbat.
Le 8, j'étais vide.
Le 9, Anaëlle a vomi sur sa mère ; le chien, lui, a vomi sur mes sandales.
Le 10...
Le 11...
Le 12, Léa essaie de me parler.
Je voyais dans ses yeux mon désespoir, ma peine.
Moi, assis, le regard vide.
Léa me secoue par ses mots.
Moi, je n'étais plus qu'une fontaine de deuil.
Les prénoms, les visages tournaient dans ma tête : enfants, jeunes filles, familles, soldats, otages...
Oh, je m'enfonçais dans une douleur, un gouffre.
Le departs des reservistes, les mamans qui restent seules, les repas les soins ….
Les alarmes d'octobre... puis celles de juillet, de novembre, de juin et, encore, d'octobre.
Puis Maur est décédée d'un cancer foudroyant, laissant cinq enfants en bas âge orphelins et une ville qui pleure.
Puis, il y eut ce jour où plus aucun otage juif n'est à Gaza.
Puis Pourim, et Pessah.
Et j'ai vu les miracles. Tellement, tellement.
L'amour de mon peuple s'est endurci.
Pas notre cœur : notre solidité.
Ma force a grandi, s'est multipliée ; l'envie de vivre a grossi.
Le fait de marcher dans la vallée de la mort m'a fait comprendre que je n'étais rien sans Hashem.
Que j'étais incomplet sans mon peuple.
Ensemble, on est plus forts !
Ensemble, on est un !
Ensemble, nous construisons !
Nous serons là pour vous aider dans l'Alyah, mais ce sont vos pieds qui devront marcher.
Nous, on vous montre juste le chemin, par notre expérience, nos nombreuses erreurs, notre amour pour notre peuple et notre terre.
Bienvenue chez vous.